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Pêche de vitesse

Initiation à la pêche de vitesse : par Philippe Louis sous forme d'interview de Francis Bartolas


Même si je suis loin d'être un très bon pêcheur au blanc, je ne pense pas non plus en être un très mauvais. Quant à la pêche de vitesse, disons tout de suite que je n'en suis pas un adepte assidu. Faute de conseils valables, de littérature spécialisée et surtout de temps, je pense bien en être resté au niveau de tout un chacun. Bien entendu, pour progresser visiblement sur un temps très court, il est nécessaire de pouvoir profiter des conseils d'une personne expérimentée. Et en la matière, j'ai été particulièrement gâté puisque Francis BARTOLAS a accepté de me donner quelques conseils.  Champion de Belgique, champion du monde par équipe et surtout une constance de près de 20 ans parmi le gratin de l'élite belge et mondiale, j'avoue que j'aurais pu plus mal choisir mon professeur ! Au travers de mes pêches et surtout de l'analyse que j'en ferai, Francis s'est proposé de guider mes choix et de me faire profiter un peu se son expérience. Mais attention, ce n'est pas lui qui mouillera l'amorce correctement, ce n'est pas lui qui montera les lignes et ce n'est pas lui non plus qui tiendra la canne ! Ce n'est qu'à cette condition que le test pourra être vraiment concluant. Mon but final au travers de cet article est de présenter un type de pêche qui se suffit d'un matériel très sommaire tout en procurant beaucoup d'amusement, et où chaque pêcheur peut trouver son propre intérêt (premiers pas au bord de l'eau, vifs, entraînement, …).

La canne

La dextérité du pratiquant vient mettre un frein au rythme soutenu des poissons qui défilent. Aux dernières nouvelles, le record de vitesse est toujours  détenu par le Français Patrice Burckenstock avec plus de 600 prises en 1 heure ! Pour atteindre de tels scores, la longueur de la canne est encore réduite à moins de1.5m.

Francis Bartolas : Le fait de posséder plusieurs ligne déjà montées permet surtout d'avoir à disposition plusieurs types de lignes différentes. Ceci est particulièrement utile afin de pouvoir suivre correctement les ablettes lorsque celles-ci descendent plus en profondeur.
Un autre choix important est celui du type de scion. Le scion souple n'est en effet pas la panacée. Son extrême flexibilité peut s'avérer gênante en cas de décrochage. Le scion qui s'est plié lors du ferrage agit comme un élastique qui se détendrait. La ligne se retrouve alors catapultée en l'air, ce qui occasionne des risques importants d'emmêlements. Pour résoudre ce problème, une solution est de pêcher avec un scion creux muni d'un élastique assez fortement tendu. L'élastique joue alors le rôle d'amortisseur en absorbant le choc.
Pour anecdote, lors d'une manche de sélection des Inters, Marc Wilmart m'avait montré ses cannes à ablettes qui étaient toutes montées avec des scions en bambou. Ce matériau jouait le même rôle que l'élastique intérieur en absorbant les chocs.





La ligne 

Le corps de ligne est constitué d'un nylon de 7 ou 8 centièmes. La longueur de la ligne a une grande importance : elle doit être telle que la main qui tient la canne doit pouvoir décrocher le poisson ou remettre un appât sans bouger de sa position sur le pommeau de la canne. Ceci permet de relancer plus rapidement. En pratique, la longueur de la ligne sera environ 10 à 20 cm plus courte que la canne selon la position de la main sur celle-ci

F.B : Pour pouvoir soutenir un rythme de prises élevé, la longueur de la ligne doit être parfaitement calculée. Au moment de mesurer la longueur, il faudra garder à l'esprit que même une ablette de quelques grammes  va faire plier un scion souple, ce qui modifie la longueur de la ligne. Cette remarque n'est pas valable lorsque l'on pêche avec un élastique intérieur car celui-ci est fortement tendu et qu'il ne s'allonge dès lors pratiquement pas.

Le flotteur sera choisi parmi les plus légers. Il convient d'avoir des modèles allant du 4x9 pour la pêche d'alevins en surface jusqu'au 4x14 pour prendre de grosses ablettes sous une couche d'eau plus importante. Certains compétiteurs ne jurent que par des formes allongées type « carotte » lorsque le courant est faible ou nul, d'autres sont des inconditionnels des flotteurs trapus en toutes circonstances. Si j'ai personnellement opté pour une forme effilée, je me garderai toutefois de donner un avis à ce sujet.

F.B : Le choix de la forme du flotteur n'est pas réellement capital. Dans l'absolu, on peut tout de même dire que si le flotteur trapu se comporte mieux dans le courant, le flotteur « carotte » permet de mieux suivre l'esche pendant sa descente et de mieux enregistrer une touche pendant ce temps.

Le flotteur est lesté au moyen de quelques plombs sphériques n° 10 à 13 jusqu'à l'extrême limite de sa portance (le flotteur coule si l'on rajoute un petit plomb de plus). L'ensemble des plombs est regroupé. Seul un minuscule plomb n°13 est laissé juste au-dessus du bas de ligne afin de faire office de plomb de touche. Dès que la pêche devient facile et que les touches sont franches, il convient de regrouper tous les plombs. Ceci permet à la ligne d'être plus rapidement en place et donc plus rapidement opérationnelle.
Puisque les plombs doivent pouvoir coulisser, il faut donc être méticuleux lors du montage de la ligne et éviter de trop serrer les plombs afin qu'ils puissent coulisser sans blesser le nylon.

F.B : Le regroupement des plombs au dessous de la ligne permet de voir plus rapidement une touche lorsque l'appât est pris à la descente Avant de faire coulisser un plomb sur le fil, il faut toujours l'enduire d'un peu de salive. Cette simple précaution permet de diminuer l'échauffement du fil et que celui-ci ne s'affaiblisse





Le bas de ligne :

Bien que la ligne gagne à être montée en un seul tenant, l'utilisation d'un bas de ligne confère tout de même un confort certain en permettant de remplacer en quelques secondes un hameçon perdu ou déformé. Le bas de ligne est constitué dans un bon nylon de 6 ou 6.5 centièmes et ne mesure pas plus de 7 ou 8 centimètres. Ceci permet de pouvoir descendre la plombée très près de l'hameçon lorsque le poisson est mordeur. L'hameçon, qu'il soit avec ou sans ardillon, sera de taille 22 à 26 selon la taille moyenne des poissons pris. Sa qualité principale sera de pouvoir endurer les  continuelles manipulations de décrochages tout en gardant sa forme et son piquant. Pour ma part, j'ai sélectionné  des DRENNAN Carbon Barbless  et des KAMASAN B510 n°22 et 24 après avoir rejeté plusieurs modèles trop enclins à se déformer.

F.B : Il existe des hameçons munis d'un ardillon normal et d'autres d'un micro-ardillon. Le micro-ardillon est très nettement supérieur dans ce type de pêche. D'une part il permet de décrocher plus facilement le poisson, ce qui fait donc gagner du temps. D'autre part, comme l'ardillon est plus discret, il entrave moins la pénétration et donc pique mieux le poisson.
Le KAMASAN B510 possède une hampe plus longue que le DRENNAN ici cité, ce qui rend le décrochage de l'ablette plus facile. Cependant, il faut toujours garder en tête que plus la hampe est longue et moins l'engammage sera facile. C'est donc un compromis à trouver entre l'humeur plus ou moins mordeuse du poisson et la facilité (et aussi l'habilité !) du pêcheur à décrocher sa prise. Personnellement, je conseillerais le DRENNAN Fine Match qui possède une hampe longue et qui est un peu moins fort de fer que les deux hameçons cités qui sont très valables tant que les ablettes ne sont pas trop difficiles.
L'ablette est un poisson qui possède une gueule assez grande. On peut donc se permettre d'employer des hameçons de taille plutôt importante en regard du poisson recherché. Un hameçon n° 22 n'est donc pas exagéré, surtout si l'esche est un pinky.


Les esches :

Si bien entendu cette pêche ne peut raisonnablement se faire qu'avec du fouillis de ver de vase inclus dans l'amorce, le vaseux  me semble par contre totalement proscrit à l'hameçon car il oblige à perdre trop de temps lors de l'eschage. Pour atteindre une réelle cadence, l'appât doit pouvoir être réutilisé à plusieurs reprises avant d'être changé. Les puristes de la pêche de vitesse ne jurent que par la perle. On peut également utiliser un peu de Mystic. Les ablettes peuvent aussi être trompées par une simple lanière découpée dans un bout de leurre souple twist utilisé pour le carnassier. Quoi qu'il en soit, l'esche reine reste le petit pinkie rouge qui permet de prendre jusque 20 ou 30 ablettes avec le même appât à condition d'avoir été correctement esché au départ. L'asticot doit en effet être enfilé sur la hampe de l'hameçon de manière à tenir en place le plus longtemps possible (d'où l'intérêt de ne pas utiliser un hameçon trop petit).

F.B : En Belgique, l'ablette n'est pas assez abondante que pour permettre une pêche de vitesse à la perle. De plus, en compétition, le pinkie ne permet souvent pas de maintenir une bonne cadence de prises. On utilise alors le ver de vase. Ceci est surtout dû au fait que lors d'un concours, le poisson est dilué sur l'ensemble du parcours et est donc moins nombreux sur le coup. Dans ces conditions, inutile d'espérer prétendre à un record. Le but est alors « seulement » de faire mieux que les autres mais certainement pas de battre des records de vitesse.
Le Mystic n'est pas non plus la panacée. Trop mou, il a tôt fait de se retirer de l'hameçon. Trop dur, il occasionne beaucoup de refus des poissons. Les ablettes sont alors souvent plus grosses et les touches moins nombreuses.
Si l'asticot doit effectivement être enfilé sur l'hameçon, c'est surtout parce que lorsqu'un pinky est simplement piqué, il a tendance à se repiquer sur l'hameçon en se retournant, ce qui procure plusieurs décrochages en série car la pointe n'est plus libre de piquer correctement.
A signaler enfin qu'il existe aussi le « fifise » ou « X fise » qui est une variété d'asticot plus petit, plus rouge et plus dur que les pinkies traditionnels. Il est vrai qu'il n'est pas toujours facile de s'en procurer en Belgique mais il s'agit bien là d'une esche de choix pour ce type de pêche.


L'amorce :

Quelle que soit la formule concoctée, il convient avant tout que l'amorce forme un nuage persistant en surface. C'est ce nuage qui va très vite concentrer toutes les ablettes en un banc compact où la compétition va très vite s'installer entre les poissons. Car il n'est pas question de nourrir le poisson mais seulement de le mettre en appétit. Pour ce faire, le choix se portera sur des farines très fines et dispersantes, capables d'entretenir le nuage d'amorce. Parmi les farines les plus communément employées, on peut citer la chapelure, la fine fleur de maïs, l'arachide grillée, la farine de riz, le coco, le lait en poudre, la polenta, la gaude de maïs et l'argile.

F.B : Si c'est généralement, la chapelure brune qui est utilisée, la chapelure blanche peut aussi être employée pour sélectionner de plus belles ablettes. L'argile est un composé important. La proportion incorporée varie fortement selon les conditions de pêche (profondeur à laquelle on veut pêcher, force du courant).

Faire une bonne amorce de surface n'est vraiment pas très compliqué. Il est par contre plus difficile de bien la préparer et de bien l'employer. L'amorce de surface peut être préparée de deux manières : presque sèche ou au contraire surmouillée (« en soupe »). La préparation de l'amorce sèche requiert un peu plus de maîtrise mais permet de garder les mains propres en cours de pêche. Mouiller une amorce en soupe est certainement plus simple pour le débutant. Quel que soit le type de mouillage choisi, l'amorce doit éclater à la surface dès son contact avec l'eau.
Une fois le bon mouillage atteint, l'amorce est passée sur un tamis fin de manière à éliminer tout grumeau. Le fouillis est ensuite incorporé. Pour une sortie de pêche de 3-4 heures, il faut compter environ 2 kg d'amorce et de 250 à 500g de fouillis. Tout le fouillis n'est pas immédiatement mélangé à l'amorce. Il vaut mieux mettre un peu moins au départ et adapter le dosage en cours de pêche selon l'appétit des poissons. De plus, lorsque les touches s'espacent, il est souvent profitable de directement jeter une pincée de fouillis pur sur le coup de manière à augmenter l'attractivité et à faire revenir le poisson.

F.B : Si 2kg d'amorce peuvent suffire lorsque l'on pêche seul, cette quantité est nettement insuffisante lorsque l'on pêche en compétition. Dans ce cas, il faut pouvoir présenter une table bien chargée pour éviter que le banc d'ablettes ne se déplace vers le poste du voisin et c'est au moins le double qu'il faudra prévoir.
Jeter une pincée de fouillis pur peut être effectivement bénéfique à condition qu'il n'y ait pas de courant. Dans le cas contraire, le fouillis, parce qu'il est léger, a tôt fait de dévaler le courant sur plusieurs mètres. Au lieu de rassembler le banc, ceci contribue alors à le disperser largement vers l'aval. Quel que soit le type de mouillage choisi pour l'amorce, il existe 2 manières de procéder. La première façon est de mettre plus d'eau que nécessaire puis ensuite de rajouter l'argile. Ceci va pomper l'eau excédentaire et sécher l'amorce pour l'amener à la bonne consistance. La seconde manière de procéder est de mélanger l'argile et l'amorce avant de mouiller le tout. Dans les deux cas, le tamisage est fortement recommandé


Après ce long inventaire du peu de matériel requis pour la pêche de vitesse, passons maintenant en bord de Meuse pour quelques tests en conditions réelles. Comme cela a déjà été dit précédemment, les ablettes en Meuse se concentrent en bancs compacts dans les darses lors des périodes de crues. Aussi, ai-je choisi comme lieu de pêche la darse d'Anseremme. Ce lieu est bien connu des amateurs d'ablette et il n'est pas rare de rencontrer l'un ou l'autre pratiquant affairé à manier la « mitraillette ». Même si la concentration de poisson est importante, il convient tout de même d'apporter un minimum de soin à choisir son emplacement. Si possible, on choisira une rive où l'ombre du pêcheur ne se reflète pas dans l'eau car ceci pourrait effrayer les poissons. Le pêcheur doit pouvoir pratiquer de manière confortable, sans avoir à faire trop de mouvements ou avoir à se lever. La berge doit être peu surélevée par rapport au niveau de l'eau de manière à ce que le pêcheur ne soit pas courbé pendant toute la partie de pêche. Le panier et l'ensemble du matériel sont disposés consciencieusement en début de pêche. Si l'on est droitier, c'est  du côté gauche qu'il faut placer le bac à amorce. Celui-ci gagnera à être un peu surélevé de manière à ce que la main gauche l'atteigne facilement. La boîte contenant les pinkies sera elle aussi placée à portée directe pour éviter au pêcheur de devoir se baisser, ce qui serait une perte de temps inacceptable. La canne de rechange est placée à droite de façon à être directement accessible en cas de besoin. Au fur et à mesure de mes parties de pêche, j'ai pu comprendre que ces quelques simples précautions sont très importantes car elles permettent de gagner de précieuses minutes de pêche.
Une des premières tâches à accomplir est de préparer l'amorce. L'amorce gagne souvent à être colorée. Ceci permet d'obtenir une meilleure persistance du nuage d'amorce. Pour ce faire, il suffit d'inclure un colorant pour amorce du type « Tracix » ou autre. Celui-ci pourra indifféremment être ajouté dans l'amorce sèche ou dans l'eau de mouillage de l'amorçage. J'ai à plusieurs reprises pu constater que le choix de la couleur est très important. On dit parfois que plus les eaux sont sombres et plus la couleur de l'amorce doit être claire. Il me semble que cette règle souffre de trop nombreuses exceptions que pour être utilisée à l'aveuglette. Dans les conditions de pêche que j'ai rencontrées, les couleurs claires comme le blanc et le jaune m'ont parfois été défavorables car le contraste entre le nuage d'amorce et l'eau était trop violent. Les poissons prenaient peur  et n'osaient pas rentrer dans le nuage d'amorce. Dans ce cas de figure, il est nettement préférable d'employer un mélange coloré en rouge ou même noir. En conclusion, il paraît prudent d'avoir avec soi plusieurs couleurs de poudre traçante et de ne pas préparer trop d'amorce à la fois. De cette manière, on peut facilement préparer un nouveau mélange d'un autre couleur.

F. Bartolas : La coloration systématique de l'amorce n'est pas toujours la panacée. S'il est vrai que l'adjonction d'un produit traçant apporte en général une amélioration, il convient de bien analyser la situation avant de prendre sa décision. Il est certains cas où une amorce trop colorée ne donnera pas forcément le meilleur résultat. C'est notamment le cas lorsque les eaux sont glacées, ce qui rend le poisson peu actif. C'est en tout cas une pratique à éviter lorsque l'on pense que l'ablette sera boudeuse. En compétition, on peut souvent remarquer que ceux qui ont teinté fortement leur amorce n'obtiennent pas les meilleurs résultats car les poissons sont stressés par la forte pression de pêche et n'osent pas rentrer dans le nuage d'amorce.
Plus l'eau sera chaude et plus l'on a intérêt à colorer l'amorce. La coloration apporte un réel avantage lorsque les ablettes sont mordeuses.
Outre l'emploi du « Tracix », on peut signaler qu'il existe d'autres produits qui colorent les amorces. Certains compétiteurs utilisent ainsi de la poussière venant des vieilles briques pilées afin d'obtenir un beau nuage rouge.


Si l'on choisit d'incorporer de l'argile, (voir P.B de mars) celle-ci peut être mêlée à l ‘amorce sèche ou être seulement rajoutée après que l'amorce ait été mouillée à l'excès. J'ai personnellement opté pour la première solution parce que je trouve plus simple de réaliser ainsi le mouillage correct. L'amorce est ensuite surmouillée jusqu'à l'obtention d'une sorte de bouillie épaisse qui puisse éclater au premier contact avec l'eau sans toutefois être trop difficile à lancer. Bien que le mouillage soit abondant, l'opération doit se faire progressivement en prenant bien le temps d'effectuer un brassage énergique. De cette façon, toutes les particules de l'amorce sont imprégnées. Une fois le tamisage effectué, le fouillis est finalement rajouté. Celui-ci aura été décollé préalablement dans un peu de fine fleur de maïs. Après quelques séances de pêche réalisées avec du fouillis frais, je me suis rapidement rendu compte que je pouvais tout aussi bien employer du fouillis congelé car les résultats ont été en tout point similaires. Il n'est sans doute pas inutile de rappeler que le fouillis que l'on destine à la congélation doit alors être décollé avant d'être placé au congélateur. Cette solution est vraiment très pratique car elle permet d'improviser des sorties sans se soucier de trouver des esches. Notons aussi en passant que les pinkies destinés à l'hameçon peuvent eux aussi être congelés de la même manière.

F. Bartolas : l'emploi de fouillis congelé ne peut se concevoir que si l'on pratique seul. Dès que l'on rentre en concurrence avec un autre pêcheur qui utilise un fouillis frais, l'appât vivant se montre supérieur et surclasse sans aucun doute celui qui est congelé.
Lorsque l'on congèle un pinkie, celui-ci s'allonge sensiblement. L'esche est alors moins facilement engamée et il peut alors régulièrement en découler des décrochages. De plus, si les ablettes sont d'humeur morose, cela ne marche pas aussi bien.
En résumé, des solutions envisageables et qu'il est bon de connaître mais qui ne remplacent  pas l'attrait de bons appâts bien frais.

Quelques formules d'amorces de surface :

=> 1kg coco - 1 kg fine fleur de maïs – 200g arachide – 150 à 500g chapelure blanche  (F. Bartolas)
=> 1 part de lait en poudre – 1 part de fine fleur de maïs – 1part de chapelure rousse
=> 2 parts de farine de riz – 2 parts de fine fleur de maïs – 2 parts de chapelure rousse – 2parts de biscuit – 2 parts de coprah



Une fois l'amorce préparée, quelques pincées de celle-ci sont expédiés sur la place de manière à déjà mettre les poissons en éveil tandis que l'on procède au montage des cannes. La canne que j'utilise le plus souvent est une Maver Winner Stealth qui mesure 2,50m. Cette distance convient parfaitement pour pêcher sur des bancs assez importants de petites ablettes qui ne craignent pas de se rapprocher près du bord. Souvent, les poissons que j'ai rencontré étaient tellement en compétition qu'il se rapprochaient vraiment très près du bord. Dans ces conditions, même une canne de 2,50m peut s'avérer trop longue ! La ligne n'est alors pas en bonne position pour ferrer efficacement et la manœuvre devient malaisée. Il y a bien sur la solution de pêcher sur le côté mais il est tout de même nettement préférable de posséder une canne encore plus courte de manière à avoir une bannière moins importante. Depuis quelques temps, j'ai donc rajouté à ma première canne une Garbolino Rafale de 1,80m que je monte désormais systématiquement en arrivant au bord de l'eau.
plus propice. Lorsque par contre le poisson est au rendez-vous, les ablettes et autres blanchailles répondent très rapidement à cet appel et c'est un banc dense qui se crée sous la canne, dans la tache d'amorce que le pêcheur ne doit jamais cesser d'entretenir.
Bien amorcer est sans doute le paramètre le plus difficile à maîtriser en matière de pêche de vitesse. Il faut tout d'abord apprendre à lancer correctement l'amorce. Même si cela peut paraître simple au premier abord, il est en réalité assez difficile de lancer régulièrement une petite pincée d'amorce à seulement 2 ou 3 mètres du bord avec une précision acceptable. Pourtant, c'est justement cette précision qui est capitale pour concentrer au maximum le banc d'ablettes. Plus l'amorce tombera dans un large périmètre et plus les poissons s'éparpilleront en courant en tous sens après les pincées d'amorce. Dès lors la cadence des touches s'en trouvera diminuée.
L'autre facteur déterminant un bon amorçage est la cadence d'amorçage. Au cours de la partie de pêche, il faut absolument évaluer en permanence les réactions des poissons. En fonction de celles-ci, il convient de moduler la fréquence et la quantité de l'amorçage. La règle d'or est d'amorcer peu mais souvent. La quantité fluctuera en fonction du nombre de poissons sur le coup. Il faut donner une quantité de nourriture nettement insuffisante par rapport au nombre de poissons présents de manière à maintenir la compétition alimentaire. En pratique, lorsque la cadence est établie, ce n'est plus qu'une pincée de la taille d'une noisette qui est lancée à un rythme d'un rappel toutes les 30 secondes, voir moins encore. Autant dire que la main gauche ne quitte pas beaucoup le seau d'amorce pendant toute la pêche ! En même temps que l'on évalue le rythme d'amorçage adéquat, il faudra parfois aussi rajouter à certains moments un peu plus de fouillis dans le mélange de manière à relancer l'attraction lorsque par exemple la cadence des prises diminue. Qui a dit que la pêche de l'ablette était simple ?

F. Bartolas : Selon que l'amorce soit plus ou moins rapide à se désagréger, celle-ci va donner un nuage à une profondeur différente, ce qui va déterminer la profondeur à laquelle les ablettes vont se cantonner. Il convient donc de bien maîtriser son amorce de manière à ce qu'elle permette de ramener les poissons le plus près possible de la surface.
Lorsque l'eau est remuée (passage d'un bateau par exemple), les ablettes vont rechercher un peu de sécurité. Elles se retranchent alors momentanément un peu plus profond. A ce moment, il est bon d'avoir sous la main une canne munie d'un flotteur un peu plus lourd de manière à pouvoir pêcher plus profondément. La rendement ne sera certes pas exceptionnel mais cela permettra de continuer à prendre quelques poissons au lieu de devoir attendre leur bon vouloir.
En compétition, le poids est prépondérant. On aura donc tout intérêt à rechercher en priorité  la pêche d'ablettes un peu plus grosses. Pour ce faire, on aura tout intérêt à s'orienter vers une amorce qui se désagrégera un peu plus en profondeur. Il est bon aussi de signaler que l'utilisation de chapelure blanche permet de sélectionner de plus beaux poissons.


Lorsque les ablettes sont totalement obnubilées par le nuage d'amorce, il devient relativement facile de les ramener progressivement encore plus près du bord. C'est à ce moment qu'une canne plus courte devient appréciable : plus les poissons seront près du bord, plus la cadence sera soutenue et plus l'amorçage sera facile.
Pour donner une idée des scores que tout un chacun peut obtenir, je citerai mes propres résultats. Au début, sans connaissances particulières, j'enregistrais tout de même un score de 150 ablettes à l'heure. En une saison, fort d'un équipement affiné et d'une technique mieux rodée, je tourne actuellement régulièrement au dessus des 200 poissons à l'heure lorsque les ablettes sont au rendez-vous. Ces chiffres ne sont pas surfaits : n'importe quel pêcheur un tant soi peu motivé atteint très vite les 2 poissons à la minute. Par contre, chaque amélioration, même minime, ne peut ensuite se faire qu'au prix d'une évolution du pêcheur. En terme d'amélioration, l'essentiel du travail devra se faire sur la gestuelle en cours de pêche. Pour atteindre 3 poissons à la minute, il convient absolument de resserrer les boulons et d'acquérir une méthode qu'il faudra répéter et répéter encore jusqu'à ce qu'elle devienne un automatisme. C'est de cette façon que l'on fait la chasse aux secondes superflues. Schématiquement, l'action de pêche se divise en 5 phases distinctes qu'il conviendra d'enchaîner au mieux :
Phase 1 : lorsqu'une ablette est ferrée, celle-ci est amenée dans le même mouvement que le ferrage jusque dans la main libre.
Phase 2 : la main qui tient la canne décroche le plus rapidement possible le poisson, tout en restant dans sa position initiale sur le pommeau de la canne. Dans la même foulée, l'appât est éventuellement réajusté sur l'hameçon si cela est nécessaire (et ceci avec le poisson toujours dans la main libre).

F. Bartolas : Pendant que le poisson est décroché, la canne est tenue avec 3 doigts tandis que ce sont uniquement le pouce et l'index qui servent à l'opération de décrochage. Lors de cette étape, la main ne doit donc à aucun moment être déplacée de la place qu'elle occupait lorsque la ligne était à l'eau.
Phase 3 : la ligne est remise au plus vite à l'eau (la main libre tient toujours le poisson !)
Phase 4 : le poisson est enfin jeté dans la bourriche
Phase 5 : La main libre regagne immédiatement le bac à amorce pour y prélever une pincée de celle-ci et l'expédier le plus près possible du flotteur. Le nuage d'amorce doit en permanence être visible.
Si tout va bien, on se retrouve alors à ce moment face à un flotteur qui s'enfonce. La séquence  recommence à nouveau et s'enchaîne en boucle de la manière la plus fluide possible. C'est cette fluidité qui fait justement la différence entre le champion et le dilettante.


La pêche de vitesse est une merveilleuse école de la pêche. Elle requiert beaucoup d'ouverture d'esprit et permet d'acquérir une rapidité d'analyse et de réaction sans égal dans aucun autre type de pêche. En une seule heure de pêche, il est possible et même normal de devoir effectuer plusieurs modifications de manière à répondre aux réactions des poissons. Celui qui apprend à cultiver cet esprit d'analyse et à l'affiner pourra ensuite profiter de cette expérience pour toutes les autres techniques de pêche, quelles qu'elles soient. Car l'analyse constante des réactions des poissons et la prise rapide d'une décision adéquate sont des constantes à toute pêche. J'ose donc dire qu'en pêchant la vitesse cet hiver, je me suis bel et bien entraîné pour la pêche de la carpe ! Et que celui qui trouve cette réflexion choquante tourne les talons, car là est toute la nuance entre pêcheur de carpes et carpiste, entre pêcheur de compétition et « m'as-tu-vu », entre pêcheur à la mouche et  « chapeau à plumes », bref entre celui qui voit la pêche avec des œillères et celui qui conçoit que toutes les pêches gagnent à être connues.



14/09/2013
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